


TCHINGGIZ KHAAN
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1914-1918: Les Russes achètent des vivres en Mongolie...Nous sommes en août-septembre 1914; la première guerre mondiale - 1914-1917 pour les Russes - voit l'envoi de millions d'hommes sur les fronts et l'éffondrement du régime tsariste.
Dès le début de la guerre, l'Armée Russe, pour nourrir ses troupes, et l'état tsariste pour ses populations, achètent du bétail aux éleveurs nomades de Mongolie. En celà, ils ne font que pérénniser une activité existante et développer un commerce déjà bien établi; mais nous sommes en temps de guerre, et c'est le premier conflit mondial...



La Chine, occupant la Mongolie et en proie à bien d'autres problèmes, reste neutre lors de ce premier conflit mondial. Ce marché, et ses conséquences politiques ou militaires possibles, pose néanmoins de gros problèmes diplomatiques au gouvernement chinois et aux gouverneurs des provinces limitrophes. Ils ne souhaitent engager leur pays dans ce conflit européen - l'Empire du Milieu a tout à y gagner - et le marché allemand n'est pas à négliger...
Devant ce risque, les gouverneurs chinois interrogent Pékin sur la marche à suivre:
- Doivent-ils autoriser ce marché ou, purement et simplement, arrêter les agents commerciaux russes ?
- Quelles seront les réactions de la 'Triple Alliance' Alliance militaire entre Allemands, Austro-Hongrois et Italie. Lors du premier conflit mondial, les Italiens choisiront la neutralité puis, en 1915, s'engageront au sein de la Triple Entente contre leurs anciens alliés de la Triple Alliance.
- La Triple Allaince ne va t'elle considérer ce fait comme un soutien à la 'Triple Entente'Français, Anglais et Russes ont signé un traité d'entente militaire répondant à la Triple Alliance. Le premier conflit mondial et la cascade de déclarations de guerre découleront de ces traités. et précipiter l'Empire du Milieu dans ce conflit ?
- Vendre aux Russes ne va t'il hypothéquer ces très rentables échanges commerciaux réalisés avec l'Allemagne ?...
La Chine a aussi une difficulté majeure: son territoire est incontrôlable...



La présence allemande en ChineAoût 1914; les Allemands sont militairement toujours présents en Chine. L'escadre allemande d'Asie Orientale bénéficie de la base navale de Tsin-Tao, maintenant Qing-Dao.
Située dans la baie de Jiaozwohuan, province du Shandong, la base navale allemande est particulièrement bien équipée et sa situation stratégique de la plus haute importance. Son escadre d'Asie Orientale est, en Août 1914, composée de 2 cuirassés d'escorte et 3 croiseurs rapides, 2 croiseurs, 3 canonnières, 1 torpilleur, 1 destroyer et 1 poseur de mines.
La base navale possède un atout de choix: la concession allemande englobe un mine de charbon et les navires allemands, faisant relâche, peuvent avitailler sans difficultés. Le port peut aussi réparer tous types de navires, dont les navires militaires.
La chute de la forteresse allemande de Tsin-Tao le 9-10 novembre 1914 mettra fin aux questionnements des gouverneurs chinois en poste en Mongolie. La puissance allemande éliminée d'Extrême-Orient, le gouvernement de Pékin voit les risques d'être entrainé dans ce conflit diminuer massivement. Il lui reste à régler les problèmes liés aux prisonniers allemands, turcs et austro-hongrois évadés de Russie et passés en Chine.




Voici, en 1920, ce qu'écrivait le diplomate japonais Nagao Ariga au sujet des ventes de bétail en Mongolie:
" L'autorisation d'acheter des vivres pour l'approvisionnement d'une armée belligérante ne doit pas être considérée comme une violation de la neutralité, mais l'achat de vivres par l'agent d'une armée belligérante assiégée dans une forteresse peut être assimilé à l'achat de vivres par l'agent d'un bâtiment de guerre. C'est donc à juste titre que les autorités locales du Shantoung montrèrent une grande circonspection en ce qui concerne l'acquisition de denrées pour les armées allemandes de Tsingtao.
L'achat et la vente des denrées dans un pays frontière comme la Mongolie était, au contraire, soumis à des règles différentes.
Le 14 Juillet, des soldats envoyés en reconnaissance par le Résident général de Kalgan avaient remarqué que les Russes achetaient du bétail dans les villages de l'Etendard vert. Le 9 août, d'autres militaires chinois chargés de surveiller les TufeiBandits chinois qui, en bande organisées, ravagaient les provinces éloignées de Pékin dont la Mongolie apprirent, en revenant de leur expédition, que, dans un district situé à plus de 300 LiApproximativement 500 mètres nord-ouest de Taloun, deux Russes, accompagnés de deux interprètes, avaient fait l'acquisition de plus de 3oo vaches. Enfin, le 15 août, un groupe de soldats chinois rencontra huit Russes en train d'acheter plus de 100 vaches dans une localité à 3oo Li de l'Etendard blanc de Taoutala.
Prévenu de ces faits, le Résident général demanda par télégramme à la Haute Direction des Affaires Militaires de Pékin si les articles lO et 18 des règles chinoises sur la neutralité prohibaient l'achat de bétail.
La réponse que fit à cette demande la Haute Direction des Affaires Militaires n'a pas été retrouvée dans les archives. Mais, étant donné la suite des faits mentionnés, nous estimons que l'achat du bétail sur le territoire chinois n'était pas interdit aux Russes par les règlements chinois: ces Russes ne faisaient pas, en effet, partie des troupes combattantes. "




C'est aux environs de Kalgan, nom mongol de Zhangjiakou, que s'opéraient tous ces achats. Cet endroit est relié à Pékin par la ligne Pékin-Suiyiian. Il constitue l'un des points ouverts de la Grande Muraille qui divise la Province Métropole en deux parties: partie en deçà et pays au-delà du mur, contigues toutes deux à la Mongolie. Il est curieux de constater que l'armée russe qui combattait on Europe devait se procurer ses approvisionnements dans cette partie du monde.
